8 juin 1880 à Cosqueville (Manche) – mort pour la France le 15 octobre 1914 à Suippes (Marne).

Originaire de la Manche, Alonze d’Espinose est un royaliste et un catholique social d’ascendance noble. Il s’engage d’abord au sein de la Jeunesse catholique et l’association la Saint-Pierraise dont il retrace son expérience dans Deux ans d’action catholique et sociale dans le canton de Saint-Pierre-Église (1908). Lors de la querelle des Inventaires, il est condamné à vingt jours de prison ferme pour avoir mené avec sa mère la défense de l’église de Saint-Pierre-Eglise en 1906[1]. Quatre mois après sa libération de prison, il épouse Antoinette Geneviève Marie Charlotte Pays le 24 juillet 1906 à Valognes (Manche) dont il a cinq enfants. Propriétaire-agriculteur, il crée de nombreuses œuvres agricoles et sociales dont la laiterie coopérative de Tocqueville en 1909. En parallèle, il préside la section d’AF de Cherbourg. Appelé à son dépôt, à Cherbourg, dès le début de la mobilisation, il part volontairement comme sergent de réserve, le 10 août 1914 pour la frontière belge. Il est promu sous-lieutenant de réserve le 1er octobre après avoir pris part à la bataille de Montgemont, fait la retraite et participé à plusieurs combats[2]. Le baron d’Espinose meurt prématurément des suites de ses blessures le 15 octobre 1914, trois jours après un contact au cours duquel il est transpercé de cinq balles allemandes. Sachant qu’il était mortellement atteint, il aurait simplement dit à l’aumônier qui l’assistait : « Tout est bien comme cela… Vous direz à ma femme que je meurs en chrétien et en Français »[3]. Son décès fait l’objet d’une citation à l’ordre de l’armée : « A entraîné avec une grande bravoure ses hommes à l’attaque, au combat du 12 octobre 1914. Blessé à la tête de sa compagnie, n’a voulu se laisser emporter de la ligne de feu qu’après s’être assuré que tous ses hommes blessés avaient été évacués. Décédé à l’ambulance des suites de ses blessures »[4]. Il reçoit la Légion d’honneur et la croix de guerre avec palme à titre posthume.
[1] Le Journal, 10 février 1906.
[2] Registre matricule de la classe 1900 du n°1001 au n°1466 de Saint-Lô, Archives départementales de la Manche, 1 R 3/106.
[3] L’Action française, 27 octobre 1914, 12 mai 1916.
[4] Tableau d’honneur, morts pour la France : guerre de 1914-1918, Paris, Le Fare, 1921, p. 324.