5 mai 1883 à Saint-Germain-du-Crioult (Calvados) – mort pour la France le 30 mars 1918 à Rollot (Somme).

Frère de précédent, Henri du Rosel de Saint-Germain est un ligueur du Calvados[1]. Lors de son service militaire, il est classé dans les services auxiliaires en 1906 pour faiblesse. Il étudie à la faculté de théologie de l’Institut catholique de Paris entre 1909 et 1910. Sa vocation de prêtre naît quelques années en arrière au moment des Inventaires. En effet, il est condamné le 1er mai 1906 par la cour d’appel de Paris à quinze jours de prison et cent francs d’amende pour outrages aux agents suite à une bagarre entre catholiques, apaches et policiers près de la salle Wagram le 6 mars 1906[2]. Quarante personnes furent arrêtées dont sept prêtres desquels Henri prit la défense[3]. Marqué par cette répression policière à l’égard des catholiques, il se destine au service de Dieu et est ordonné prêtre le 29 juin 1912 à Paris. La guerre interrompt ses cours de la faculté de droit canonique. Il est nommé vicaire auxiliaire à Notre-Dame-du-Travail dans le 14ème arrondissement de Paris où il se dévoue particulièrement auprès des enfants. Sa réforme est révisée le 24 décembre 1914 et il est déployé au 5ème RI le 18 mars 1915[4]. Sur le front, il rencontre son frère Jean au milieu des tranchées. Le 26 juin 1915, Henri du Rosel de Saint-Germain est transféré au 319ème RI[5]. Il y est promu caporal au mois de septembre, puis sergent le mois suivant[6]. Le 13 décembre 1916, il est blessé à Antoval (Oise) mais se rétablit. L’abbé Rosel de Saint-Germain est finalement mortellement blessé dans une tranchée le samedi saint 1918[7]. Ses dernières paroles sont adressées à ses compagnons d’infortune pour les encourager et les réconforter. Il est honoré de la croix de guerre avec étoile de vermeil et de la médaille militaire à titre posthume avec la citation suivante : « Sous-officier brave et énergique. Tué glorieusement le 30 mars 1918, à Rollot (Somme), en faisant vaillamment son devoir ».
[1] L’Action française, 2 septembre 1916, 29 décembre 1916, 25 juillet 1918, 2 novembre 1920.
[2] La Gazette de France, 2 mai 1906, p. 2.
[3] La Gazette de France, 7 mars 1906.
[4] Livre d’or du clergé et des congrégations (1914-1922), Paris, Bonne Presse, tome 2, 1925, p. 68.
[5] Tableau d’honneur, morts pour la France : guerre de 1914-1918, Paris, Le Fare, 1921, p. 826.
[6] Registre matricule de la classe 1906 du n°501 au n°1000 de Falaise, Archives départementales du Calvados, 1 R 287.
[7] Association des anciens élèves de l’Institut catholique, Livre d’or des anciens élèves et professeurs de l’Institut catholique de Paris, morts pour la France : 1914-1919, Paris, 1923, p. 542.